Brussels Biker Boys outtake #2: Conversation with Zahir and Mohamed

The following is the first extract of two conversations with three of the squad’s members: Zahir (38), Mohamed (28) and Mounir (33). Zahir is founding member and head of the squad’s quad section, Mounir takes care of its Facebook account and Mohamed is the little brother of Abdelouafi “Kawaz” Elouassaki, the crew’s head honcho and public face, who died last year following a motorbike accident. In order to retain as much of the interview’s authenticity as possible, we chose to publish it in its original, French form.

This interview is the second part of an outtake serie from our last Fourth Quarter Edition. Order it here.

Zahir – La Descente de la Mort, tu en as deja entendu parler?

Nicholas – Non.

Zahir – C’est ici à Bruxelles. C’est une descente assez réputée.

Nicholas – Jamais entendu!

Zahir – C’est une colline qui fait un U. Donc à peine le temps que tu regardes en bas que t’es déjà en haut, en fait. Et fais attention de pas te prendre l’arbre. Donc, on a commencé comme ça, à la Descente de la Mort. C’est à l’Azet. Le terrain de l’Azet, VUB, où il y a le grand hôpital universitaire de l’Azet, VUB. A Jette.

Nicholas – À Jette ? Ok.

Zahir – Ouais, juste derrière, il y avait un terrain… De Poelbos. On a commencé comme ça.

Nicholas – T’es de Jette à la base, toi ?

Zahir – Non, de Laeken. On voyait des gens s’amuser avec des bécanes, on a voulu aussi en faire autant.

Nicholas – C’était qui, les gens ?

Zahir – Euh…On va dire « des aînés ».

Nicholas – T’as quel âge, en fait ?

Zahir – Moi, j’ai trente-sept ans. Non, trente-huit ans, je viens d’avoir trente-huit ans.

Nicholas – Et t’as commencé en booster?

Zahir – Ouais, comme tout le monde! Mais j’ai commencé plus hard que booster parce que je me suis mis directement sur des gros boosters. Ensuite, sur des grosses petites motos. J’ai commencé à la moto dès le départ. Donc, j’ai eu des XL, des Dominator, des Transalp… Un peu de tous les côtés. Des empruntées etc…Quoi qu’on pouvait avoir sous la main pour monter l’adrénaline, pour essayer de montrer que t’es quelqu’un, on tentait le coup ! Un jour, tu te décides, tu te dis : « Ben, t’sais quoi ? On va s’acheter une bécane et on va commencer à faire des petits shows, s’entraîner et tout. » Et j’ai commencé.

Nicholas – Et c’était toujours sur deux roues ?

Zahir – Non non, j’ai commencé sur deux roues, on allait au Heysel et alors, j’ai eu quelques petits pépins avec les motos deux roues. On a eu quelques accidents. Plusieurs fois. Donc, j’ai eu quelques points de suture etc. ..J’ai arrêté les deux roues, j’ai acheté un quad et en même temps, on allait au terrain de l’Azet, VUB, c’est là où tout a commencé sur le quad. Donc, en 2001, 2002…

Nicholas – Et là, il existe encore, le terrain ?

Zahir – Oui oui, il existe encore. C’est là où on a commencé à se diriger plus vers le quad. Donc, j’ai commencé à prendre le quad, mais une fois que je l’ai eu dans mes mains, j’ai eu l’impression que c’était un jouet. Donc, j’en ai fait, du quad, mon propre jouet personnel. Alors, on allait au terrain, on était cinq, six potes, deux, trois quads, des motos. Et alors, on faisait le terrain… Même un jour, j’ai ramené Kawaz là. Il a adoré ce jour-là, je me rappelle !Et après le terrain, direct, je suis sorti sur le bitume. Quand j’ai mis la plaque, j’ai assuré après, je me suis mis sur le bitume, j’ai commencé à foutre la ziza [ ?], j’ai rencontré Wilson — qui est aussi un collègue à nous. C’est celui qui a eu l’accident, la rupture d’anévrisme. Donc, j’ai croisé Wilson, on se connaissait déjà depuis bien avant : « Oh ! T’as un quad ! Ouais, j’ai un quad !” “Bon, on va rouler ensemble ! Comme t’as un quad, on va se faire un petit groupe, on va se voir plus souvent comme ça on peut aller faire des tours ensemble.

Nicholas – 2001, on parle, là ?

Zahir – Non, 2003… Je pense, 2003, 2004.

Mohamed – En 2001, ça existait déjà ?

Zahir – Mais en 2001, on roulait mais c’était chacun son groupe. Il y avait plusieurs groupes différents et c’était…

Nicholas – Il y avait déjà des noms?

Zahir – Non, c’était même pas des groupes, chacun roulait avec son petit quartier et ceux qui se connaissaient… Il y avait pas encore de stabilité. La stabilité, on l’a créée à partir du jour où on s’est croisés, moi, Kawaz, Wilson et tout. Et on a fait connaissance avec aussi Saïd, le Kamikaze Rider en personne. Et alors, les gars, on se retrouvait au Heysel, à la VUB, on se donnait tous rendez-vous et c’est de là que tout tout tout tout… L’histoire, elle a commencé à partir de là. Il y avait Saïd, Wilson… Il y avait Medhi… Il y en avait pas mal ! La plupart d’origine marocaine.

Zahir – Donc, alors, on a commencé à se donner des rendez-vous comme ça. Et on se donnait des rendez-vous au Heysel et du Heysel, alors, on se faisait un petit parcours, un par chemin : « On va aller par là, on trouvera un petit chemin, un petit coin, là, tranquille »

Nicholas – On parle de la ville, quand même ?

Zahir – Là, oui, on parle encore de la ville parce qu’on se donnait encore rendez-vous à l’Abattoir et là, on a donné encore le premier rendez-vous pour le zoning de Vilevorde.

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Nicholas – Donc, ce fameux zoning où…

Zahir – Oui, donc l’hôpital militaire. Donc, un jour, on a fait un rassemblement de fou! Je sais plus combine on était… cent cinquante ? Deux cents ?

Mohamed – C’était à l’époque quand t’avais la camionnette verte ?

Zahir – Non. Juste avant, mais j’avais le Warrior bleu.

Mohamed – Ah ! Ouais ouais, je me rappelle !

Zahir – Ouais. Donc, ce jour-là, c’était déglingue, je me rappelle, on est descendus sur le zoning. Et une fois qu’on a fait connaissance sur le zoning, on est arrivés au Heysel, on se donnait tous rassemblement au Heysel et de là, on faisait notre cortège et on sortait et on allait au zoning et on s’entraînait tous ! C’est là où on a commencé les groupes de quads, de boosters etc. Parce qu’il commençait à y avoir trop de monde et de désordre… tu voyais un quad en wheeling, tu voyais un booster en wheeling, tu voyais l’autre qui arrivait en moto à 180 km/h en wheeling…. Donc, ça n’allait pas. On a tout arrêté. « Les gars, donc maintenant, on va faire comme ça : quand les motos, elles vont partir, on leur laisse faire leur wheeeling ; quand les boosters, ils vont partir, on leur laisse faire leur wheeling ; quand les quads, ils vont partir, on leur laisse faire leur wheeling ! »…

Zahir – C’est comme on dit, « on respecte le plus grand », hein ! Donc, qui a la plus grande vitesse dans le truc ? C’est la moto, hein ! Donc, on respecte la plus grande.
Et après, ça part sur quad automatiquement parce que le booster, il va pas dépasser un quad. Et puis alors, les boosters, c’est les derniers. Parce que ce qu’il faut, avec les boosters, c’est assez près donc c’est pas des longues distances. Les motos, déjà, elles prennent toute la route. C’est tout le zoning. C’est le kilomètre, ils doivent le prendre entièrement parce qu’il faut la vitesse pour freiner et la vitesse pour démarrer…

Nicholas – Et les flics, ils disent rien à ça ?

Zahir – Ouais, ils prenaient un sandwich au barbecue et puis, ils se cassaient ! Non non, franchement, la vérité, je le dis, je le précise bien, hein ! Mr Renard de la Brigade canine de Bruxelles ! C’est le seul qui nous a toujours chassés de là gratuitement ! On évitait d’aller au Heysel, on évitait d’aller dans les rues pour justement se rassembler là et pouvoir faire quelque chose de propre entre nous, c’était un des seuls policiers qui venait chez nous, qui nous chassait tous du zoning en nous disant : « Non, faut pas venir ici, vous avez pas le droit ! » etc. Et pourtant, c’était un terrain… C’était une route industrielle, il y avait pas… ça gênait personne…

Mohamed – C’était un cul-de-sac !

Zahir – Faut aussi expliquer : il y a aussi l’histoire de comment on a commencé les cortèges. Les cortèges, c’est aussi un truc de fou, hein ! C’est aussi arrivé comme ça, hein ! C’est, un jour, on arrive au Heysel, on était tous en rendez-vous, et en arrivant au Heysel, il y avait un cortège qui sortait. Et nous, on s’est mêlés au cortège.

Nicholas – Par hasard?

Zahir – Voilà.

Nicholas – Un cortège de mariage?

Zahir – Ouais ouais ouais, c’était un cortège de mariage mais on l’a rendu un cortège Kamikaze Riders ! Là où il y avait une moto ou un quad ou n’importe quoi qui était dans les environs, il rentrait dans le cortège ! Dans un cortège, on s’est retrouvé a quatre-vingt ! Et alors, après le cortège, tu vois, les gars: « Tout le monde au zoning ! Tout le monde au zoning ! » Et on a agrandi la famille, quoi ! C’était comme ça et maintenant, c’est devenu comme ça et…

Nicholas – Et le nom, c’est qui qui l’a trouvé ?

Zahir – Le nom, à la base, c’est Saïd…Saïd, c’est le numéro un !

Nicholas – Numéro un ?

Zahir – Oui parce que lui, il a failli être champion d’Europe

Nicholas – Champion d’Europe de quoi ?

Mohamed – De booster.

Zahir – De booster. Champion d’Europe ou champion de Belgique, je me rappelle plus…

Mohamed – Champion de Belgique.

Zahir – Ouais, champion de Belgique. Il dansait avec ! C’est simple, il dansait avec ! Donc, il nous a beaucoup impressionnés, Saïd ! Moto, booster, quad, ce qu’il touchait, c’était à lui ! Et il y a très peu de gens qui te lèvent une GSXR 1100 — une moto qui a 300 chevaux — non, attends, on va dire 180 chevaux, à mort et tout ! — le gars, il te la soulève comme si c’était un vélo ! Devant toi, hops !

Mohamed – Et il roule longtemps !

Zahir – Saïd, quand on s’est connus, il était catégorie “boosters.” Donc, dans Kamikaze Riders, il était connu catégorie “boosters,” mais vraiment illimit ! Mais nous quand on est rentrés dans les Kamikaze Riders, on s’est mis directement sur les grosses motos, les gros cylindrés, les quads.

Zahir – Il y a certaines personnes qui ont roulé avec nous ils le disent clair et net : “Mais eux, c’est des fous!” Parce qu’ils sont venus au zoning, ils sont restés comme ça, Quand on a commencé Kamikaze Riders, on était… On était des malades ! On avait pas de limites ! On avait besoin d’adrénaline, on avait besoin de se faire peur et de se manger le bitume ! On s’est tous mangé le bitume ! Avec son frère, la veille de quand il allait rentrer en prison la première fois, on a fait un accident. On s’était mangés tous les deux ! Son frère Kazaw: les deux bras! Les deux poignets! Les pieds!

Nicholas – Cassés ?

Zahir – Il s’est cassé tous les membres de son corps ! Il n’y a pas un membre de son corps qui n’a pas été fracturé ! Avant son décès, il avait des accidents tout le temps! Mais lui, il allait jusqu’au bout de…

Mohamed – Il allait jusqu’au bout ! Il roulait toute l’année ! Même en hiver ! Il pleut, il roule !

Nicholas – On m’a toujours dit qu’un quad, en ville, c’est pas confortable.

Mohamed – Si!

Zahir – Mais c’est pas vrai, ça ! Écoute ! Je vais te dire un truc : premièrement, il faut être connaisseur de la machine que tu roules. Il faut être connaisseur de ce que tu as dans les mains, faut être connaisseur sur quoi tu t’assieds. Moi, j’en ai acheté trois, des TZ.

Mohamed – C’est des Suzuki.

Zahir – C’est des Suzuki. C’est un quad qui est magnifique pour faire ce qu’on aime faire, donc du stunt. C’est vraiment le quad pour le stunt. Mais le problème, c’est que c’est aussi un fatigué. Pourquoi ? Parce qu’il s’affaiblit trop vite, le moteur, il casse trop vite, le piston, il ne résiste pas. Là, j’ai eu un Bombardier qui est de la marque Canam Il est venu de Miami. C’est un pote qui l’a ramené de Miami. Il l’a ramené ici par container. Il m’a fallu deux ans pour avoir les papiers administratifs et tout! Sept ans que je roule avec la meme bécane…

Mohamed – Il l’ a vraiment violé, ce quad!

Zahir – Tout ce que j’ai pas fait avec ! Et il a fait des tonneaux ! Il est tombé dans des ravins ! Il a ramassé des trottoirs d’1m50 ! Il s’est ramassé des poteaux !Et le dernier crash que j’ai fait, c’etait avec son frère !

Nicholas – Kamikaze Riders, ça veut dire quoi aujourd’hui?

Zahir – Franchement, pour les gens du bitume, pour tous les gens qui roulent et tout, c’est un plaisir de se retrouver, comme ça en dehors du contexte de se voir toujours poursuivi par les flics et tout, toujours des problèmes, toujours des PVs. On pouvait se retrouver dans des endroits un peu à nous où c’était notre délire à nous. Et pour tous les gens des bécanes, tous ceux-là qui ont roulé avec nous, tous ceux qui ont connu Kamikaze Riders, on a eu des super bons moments qu’on va encore continuer à avoir. Et ça va pas s’arrêter là. On a tous commencé sur le bitume ou ce qu’on appelle « la rue », on a tous commencé avec des vélos, avec des mobilettes, avec ci et ça. Mais à partir de ce moment où on a fait ce contexte de Kamikaze Riders, ça nous a appris aussi beaucoup de choses…Ça nous a fait une structure. De savoir qu’on peut faire ce qu’on veut mais comme il faut là où il faut.

Nicholas – Qu’est-ce qui fait que quelqu’un est Kamikaze ou pas ?

Zahir – On est un groupe, quand on voit quelqu’un qui fait le con sur la rue, on le raisonne, on lui parle, on a plus d’expérience : “Ne montre pas que tu peux faire le chaud parce que si je me lève avec mon quad et que je te montre ce que je fais, tu t’assieds. Tu bouges plus, tu viens plus à l’Atomium!” C’était la signature. “Mon frère, tu veux faire un wheeling ? Tu vas faire les choses proprement, sinon, tu ne fais rien et tu rentres chez toi !”

Mohamed – En fait, un bon motard, c’est un motard qui regarde loin.

Zahir – Ouais, tu dois toujours regarder tout ce qui se passe. Donc, tu vois, tu regardes la fille, elle est sur la route avec son ballon, ben tu sais déjà qu’avec la descente, son ballon, ben, il va se retrouver en plein milieu de la rue. Donc, tu dois avoir le réflexe.

Mohamed – C’est normal, le réflexe, tu regardes loin !

Nicholas – Vous pouvez monter sur l’autoroute, avec les quads ?

Zahir – Non. Mais on l’a déjà fait, hein !

Nicholas – Vous faites que de la ville, alors ?

Zahir – Oui oui. On a des plaques et tout. Comme une moto. C’est immatriculé comme une voiture et tout. Donc, c’est tout à fait pareil, hein. Mais ce qui est bien avec le quad, c’est que, avec le temps, tu te perfectionnes, tu t’aiguises comme un couteau. Il faut beaucoup de maîtrise. Pour avoir une perfection comme ça, il faut vraiment connaître sa bécane.

Zahir – Tu vois, maintenant, si je devais remonter sur un quad, il me faudrait quand même un mois pour me remettre à niveau !

Nicholas – Là, ça fait combien de temps que t’as pas roulé ?

Zahir – Ça fait un an ! Moi, pour le moment, je suis pépère !

Nicholas – T’es en voiture, alors ?

Zahir – Je suis en fruits et légumes ! [éclat de rire général]

Nicholas – Les temps te manquent pas ?

Zahir – Ben si, on cherchait l’adrénaline. On était des malades ! On arrivait au zoning. Et on se donnait ! Les groupes qui venaient, ils disaient : “Oh non non, moi, j’ai rien à voir avec ces gens-là !” parce qu’ils flippaient ! Non, ils avaient peur ! Franchement, il y a des gens, ils venaient, ils avaient peur ! Comme toi Mohamed quand tu venais quand tu étais petit, on va dire ! Quand il est venu, il était petit, il nous regardait ! C’était notre fan ! Et lui, c’était notre fan et donc, il parlait à tous ses copains, à l’école, de Kamikaze Riders ! Quand on a eu à peu près le deuxième Kamikaze Riders au zoning, hein, je te jure, quand on a fait le deuxième rassemblement de Kamikaze Riders au zoning, on avait même peut-être une trentaine de gamins en vélo qui nous ont suivis !

Nicholas – Haha

Zahir – Ouais ! En vélo ! Ils étaient tous en vélo, ils nous ont suivi…Kamikaze Riders, on a pas commencé avec juste un Marocain, deux Marocains, trois… Non ! Kamikaze Riders, on a commencé avec des Marocains, il y avait des Algériens, il y avait des Belges… Il y a même des Polonais, des Portugais,

Un Roumain qui roulait avec nous, aussi… On a eu, pfff, des Albanais… On avait vraiment de tout, dans les Kamikaze Riders, c’était vraiment…

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Nicholas – Et donc qu’est-ce qui fait un Kamikaze Rider ? Parce que j’ai pas encore bien compris ? Qu’est-ce qui fait qu’un jour, je peux m’appeler ou non Kamikaze Rider ?

Zahir – Ce que je disais toujours à mes potes et tout, moi, je dis : “Les gars, pour être arrivé à ce stade-là, moi, je me suis pété la gueule, lui, il s’est pété la gueule.”

Nicholas – Donc, il y a des étapes à passer ?

Zahir – Kamikaze Rider, pour pouvoir avoir cette étiquette sur le dos, regarde toutes les cicatrices que j’ai eues ! Regarde mon corps !

Mohamed – Ouais. Kamikaze Rider c’est dire : t’as osé de le faire ! T’as osé risquer…

Zahir – Saïd, il s’est mangé ! Kawaz il s’est mangé ! Je me suis mangé ! Mohamed, il s’est mangé ! Mounir, il s’est mangé !

Mohamed – Ouais ! Tout le monde !

Zahir – Medhi, il s’est mangé ! Lem, il s’est mangé ! Il y a personne qui s’est pas mangé, de tous ceux que je connais des Kamikaze Riders ! Même des gamins, ils sont venus aujourd’hui, après deux mois, ils foutaient la merde parce qu’on les a poussés à devenir les meilleurs ! Ils se sont mangés aussi, hein ! Mais ils sont revenus plus forts ! Plus de hargne !On fait en sorte pour que tu t’améliores. Première règle : tu viens et tu poses la question au meilleur. Je vais te donner un bête exemple. Il y a deux ans, on était posés, là, à l’Atomium, on était en groupe. Moi, j’arrive avec mon quad. Je vois un gars, il arrive avec son petit quad ! Waw ! Il fout la merde ! Mais vraiment des trucs de fou ! Et alors, on démarre. Les gars, ils commencent à partir pour aller je sais plus où, donc, je connaissais le chemin. Et j’ai un peu traîné et je l’ai arrêté ! Et je dis : “Hé ! Frangin ! S’il-te-plaît ! Aie au moins du respect pour toi-même, roule pas comme ça !” Je lui ai parlé, tu vois, de façon à ce qu’il se respecte lui-même pour qu’il ait pas un accident : “Aie un peu de respect juste pour toi-même, roule pas comme ça ! Je te promets, je vais venir, on va t’apprendre à rouler.” Il m’a dit : “Ok. Ok.” Je suis parti, on a fait notre tour et tout. Deux jours après, j’arrive là au Heysel, je m’installe, je fume une cig’ et tout, je suis en train de discuter avec mon pote à côté de moi et il arrive avec son quad, encore le même scénario ! Je lui klaxonne dessus et tu sais ce qu’il fait le gars ? Il dit : “Qu’est-ce qu’il a celui-là ? Qu’est-ce qu’il me veut ?” Je te jure ! il dit : “Qu’est-ce qu’il veut ce gars” ! Je dis : “Tu te rappelles pas de moi, frère ?” Et il sait qu’il est plus jeune que moi, donc, automatiquement, il me doit du respect, mais il dit : “Qu’est-ce qu’il veut ?” Il fait ça et il me dit : “Non. Plus ou moins:” et tout. Je dis : “Je t’ai parlé il y a deux jours !” Et il dit : “Ah ! T’es le gars avec le quad, là, Kamikaze Riders !” Je dis : “Ouais, mon frère !” et je dis : “C’est quoi, cette façon de rouler ? Avant-hier, je t’ai parlé et je t’ai dit : “Qu’est ce que t’es en train de me faire là ? Ça, c’est du chiqué, ça. Tout ça, c’est pour rigoler sur toi-même !” Et il me dit : “Ouais mais tu sais bien, tu vois, on est là et on apprend !” Je lui dis : “Écoute, si tu veux apprendre, premièrement, c’est pas ici, tu vas au zoning. Tu prends ton quad et tu apprends ! Comme ça !” Et, t’as meme pas vu le quad qu’il avait – pas de frein arrière, rien ! Vraiment une casserole ! Je lui dis : “Écoute, je vais te montrer deux trucs comme ça tu vas comprendre que c’est pas le quad qui parle, c’est toi qui vas parler !” J’ai pris son quad sur place, j’ai fait hop shops hop shops, tu vois, puis je l’ai redéposé et ils disaient plus rien! Mais vraiment ! Ils sont restés bouche bée ! Ils parlaient plus, ils disaient plus rien, ils disaient : “Mais c’est pas normal ! T’es venu, tu l’as levé, tu l’as rabaissé, tu l’as retourné, tu l’as… Tu l’as violé, celui-là ! Celui-là, tu peux dire que tu l’as violé !” Il est resté tellement flash qu’il arrivait même plus à me parler ! On a commencé à se donner des rendez-vous. Je me suis dit : “Même si je dois me mettre à sortir du système, au moins j’apprendrai les meilleurs leçons à quelqu’un qui le veut !”

Nicholas – Le petit, il est Kamikaze, maintenant ?

Zahir – Ouais. Maintenant, ouais.